Sourde à l’appel des électeurs, la coalition se contente de proposer des Nic-Nac

Au cours du débat sur l’installation de la nouvelle coalition provinciale MR – CDH – Défi, France Masai est intervenue au nom des 8 conseillers Ecolo.

Monsieur le Président,
Monsieur le Gouverneur,
Madame et Messieurs les nouveaux députés provinciaux,
Mes chers collègues,

Il est évident que l’accord MR- CDH – Défi va nettement moins loin que ce vers quoi nous, Ecolo, aurions voulu aller.  C’est bien dans l’air du temps, les avancées mises en avant parlent de grands efforts en termes de gouvernance, de participation citoyenne et de transition écologique.

Mais en réalité, Madame et Messieurs les députés, je pense qu’avec cette majorité MR-Cdh-Défi à la Province, malgré ses belles et alléchantes annoncés, ce que vous proposez jusqu’ici ce sont juste des Nic Nac.

C’est vrai que c’est de saison, les Nic Nac, ces tout petits biscuits. On approche du 6 décembre. Et puis, on en grignote toujours bien un ou deux, en passant, ça fait plaisir, ça ne fait pas de tort.

Un Nic Nac pour la Gouvernance : le cumul de rémunérations pour les députés provinciaux, c’est fini !
Mais dites, il est temps ! Cela fait combien d’années que vous profitiez de ces petits avantages supplémentaires pour simplement ….faire le travail pour lequel vous avez été élus ?
Et mon collègue, Georges Balon Perin, vient tout juste de déjà vous interpeller à propos des indemnités de départ de députés – qui ne restent par ailleurs pas sans emploi, et même, qui ne partent pas vraiment… et se recyclent, ici.
C’est très particulier …

Un Nic Nac pour la Participation citoyenne : Création d’un conseil consultatif du territoire dans chacun des trois arrondissements de la province. Pourquoi pas ? Avec de véritables méthodes de participation citoyenne, des panels, de la sociocratie et y compris en acceptant de déléguer une partie du pouvoir de décision aux professionnels des administrations, aux autres partenaires ou aux citoyens ?
Cette idée ira t’elle plus loin que le titre ?  Nous verrons. Mais, dans ce que nous avons lu, dans ce que nous avons entendu ce matin, hé bien, nous ne voyons pas d’élan. Nous ne voyons pas d’audace.

Et soit dit en passant, c’est bien parce que nous avions la très nette impression que rien n’irait jamais plus loin que les titres, que la volonté de changement n’était pas assez profonde, qu’Ecolo n’a pas voulu poursuivre les discussions. avec cette Majorité si conservatrice, et a mis un autre scénario et d’autres priorités sur le table, qui n’ont malheureusement pas pu aboutir, dès lors que la nouvelle majorité en place n’a pas encore compris (ou ne veut pas comprendre) la volonté de changement exprimée par les électeurs

En être pour en être, non merci. Nous voulons changer les choses en profondeur : nous tenterons donc d’y contribuer, avec enthousiasme et détermination, depuis les bans de l’opposition.

Un Nic Nac pour la Transition écologique : Un poste de député provincial expressément en charge de la Transition écologique. Consommation d’énergie des bâtiments, renouvellement du parc automobile, ok, bravo et bonne chance !.
Soutien direct aux communes pour concrétiser la Convention des Maires et leurs plans POLLEC, rien !
Mobilité douce, rien !
Biodiversité : rien !
Un budget concret et conséquent, dédié à de vrais projets transcommonaux et structurant de transition écologique, tel que nous le réclamions ? : encore rien à ce stade. Nous verrons ce qu’il en sera lors de la session budgétaire

J’ai entendu lors du débat électoral sur Canal C la députée sortante en charge de ces compétences faire état du fait qu’elle avait fait plein de petites choses. Plein de petites choses.
Ça suffit !, les petites choses, ça suffit.
Les électeurs, ont, le 14 octobre dernier, clairement marqué par leur vote cette urgence du changement.
On n’a plus 20 ans pour changer le monde et sauver la planète.

Partout des hommes et des femmes inventent un autre monde, qui respecte la nature et les humains, d’autres façons de faire de l’agriculture, de l’économie. D’autres formes d’éducation, de démocratie. Il n’est pas trop tard, mais il faut se bouger, maintenant.

Il n’est pas trop tard, mais il est temps que le politique prenne la mesure des changements à entreprendre. Pas des changements cosmétiques, pas des effets d’annonce. Pas des Nic Nac.

Et je crains, Monsieur le Président, nous craignons, que les moyens donnés à la transition écologique en Province de Namur soient toujours de ces petites choses, qui ne changent pas la vie, qui ne changent pas de modèle.

Lesquelles de ces proposition seront-elles assorties d’un budget concret et suffisant permettant leur mise en œuvre ?  Des projets précis verront-ils le jour ou est-ce une belle vitrine (et ça aussi c’est de saison, les belles vitrines) mais avec bien trop peu, avec rien en magasin ?

Aujourd’hui, nous n’avons pas de garantie pas rapport à ça. Nous sommes au début de cette mandature, qui risque bien de ressembler étrangement la précédente. Faire semblant de changer pour ne rien changer ….voilà la marque de fabrique de cette « Majorité Sauve-qui-peut »

Nous verrons.

En commission, au conseil, dans les intercommunales, nous verrons de quelle manière le MR, le Cdh et Défi donneront un nouvel élan à la Province de Namur.
Et le groupe Ecolo sera ferme et bienveillant, constructif mais pas complaisant, et soyez en assurés extrêmement attentif à ces enjeux.

Pour relayer l’appel au changement que les électeurs nous ont lancé à toutes et tous, leurs représentantes et leur représentants.
Et parce qu’on n’a qu’une seule planète et que nous voulons pouvoir la léguer à nos enfants.

Je vous remercie et nous souhaite à chacune et chacun une belle législature : au boulot, les amis !

France Masai

Conseillère provinciale

Cheffe de groupe adjointe

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